Vous dirigez une marque en croissance au Canada. Vos commandes partent d'un seul entrepôt, sans doute dans le Grand Toronto ou à Vancouver. Les clients de l'autre bout du pays attendent trop longtemps et les frais d'expédition ne cessent de grimper. Tôt ou tard, chaque marque canadienne se pose la même question : est-ce qu'il me faut un deuxième entrepôt?
Ce billet va vous aider à y répondre. Pas de blabla, juste les chiffres et le fonctionnement.
Pourquoi le Canada coûte cher à livrer, en silence
Le Canada est vaste. Vraiment vaste. Un colis qui va de Toronto à Vancouver traverse plus de zones qu'un colis qui va de Toronto à Miami.
Les transporteurs facturent les colis par « zones ». Une zone, c'est simplement la distance parcourue par le colis. Plus il va loin, plus la zone est élevée, et plus vous payez. C'est comme le compteur d'un taxi. Le compteur tourne tant que le trajet dure.
Donc, si votre entrepôt unique est en Ontario, chaque commande vers la C.-B., l'Alberta ou les Maritimes est une longue course de taxi. Chacune d'elles.
Ce que veut vraiment dire le « zone skipping »
Le zone skipping, c'est un terme chic pour une idée simple. Au lieu d'expédier un colis à la fois à travers le pays, vous déplacez un gros lot de colis ensemble, puis vous les injectez dans le réseau du transporteur plus près du client.
Voici la version de tous les jours. Imaginez dix amis qui commandent tous une pizza d'un resto à l'autre bout de la ville. Option 1 : dix livreurs différents. Option 2 : une seule voiture traverse la ville avec les dix pizzas, puis un livreur local les distribue. La deuxième façon coûte moins cher par pizza.
Un réseau de distribution fait la même chose. Vous gardez du stock dans l'Ouest et du stock dans l'Est. Les commandes partent de l'entrepôt le plus près du client. Moins de zones. Trajets plus courts. Coût par commande plus bas. Livraison plus rapide.
Un seul entrepôt : quand ça tient encore la route
Un entrepôt unique, c'est simple. Un seul endroit où compter le stock. Une seule équipe. Une seule façon de faire. Moins d'erreurs.
Un seul entrepôt fonctionne bien quand :
- La majorité de vos clients habitent près de cet entrepôt
- Votre volume de commandes est encore petit
- Vos produits sont petits et légers (les colis légers coûtent moins cher à envoyer loin)
- Vous vendez des articles à forte marge, où quelques dollars de plus en expédition ne font pas mal
- Vous voulez un contrôle serré sur le stock pendant que vous apprenez encore vos tendances
Si 70 % de vos commandes partent dans un rayon de deux provinces autour de votre entrepôt, séparer le stock pourrait vous coûter plus qu'il ne vous fait sauver.
Multi-site : quand ça commence à rapporter
Un réseau de distribution veut dire que votre stock est réparti dans plus d'un entrepôt. La plupart des marques canadiennes qui prennent ce chemin choisissent un entrepôt dans l'Est (souvent près de Toronto ou Montréal) et un dans l'Ouest (souvent près de Vancouver ou Calgary).
Le multi-site devient logique quand :
- Vos commandes sont réparties dans tout le pays, pas concentrées
- Vos colis sont plus lourds ou plus volumineux (les colis lourds coûtent beaucoup plus par zone)
- Les clients demandent pourquoi la livraison est si longue
- Vous perdez des ventes au moment du paiement parce que les frais d'expédition font peur
- Votre nombre de commandes par mois est assez grand pour remplir deux sites
La vraie question : à quel volume ça devient payant?
Voici la réponse honnête. Il n'existe pas de chiffre magique qui s'applique à toutes les marques. Mais il y a une façon simple d'y réfléchir.
Séparer le stock ajoute des coûts. Vous payez pour déplacer l'inventaire vers le deuxième entrepôt. Vous payez une deuxième facture mensuelle d'entreposage. Vous gardez plus de stock au total, parce que chaque site a besoin d'un coussin. C'est de l'argent bien réel.
Séparer le stock fait aussi sauver des coûts. Chaque commande en zone lointaine devient une commande en zone courte. Chaque envoi de « 5 à 7 jours » devient un envoi de « 1 à 2 jours ».
Le point de bascule, c'est là où l'économie par commande, multipliée par votre nombre de commandes mensuel, devient plus grande que le coût ajouté d'entreposage et d'inventaire.
Une façon simple d'estimer votre propre chiffre
Sortez vos trois derniers mois de commandes. Ensuite, faites ceci :
- Comptez combien de commandes sont parties vers des provinces loin de votre entrepôt actuel. Pour un entrepôt dans le Grand Toronto, ça veut dire la C.-B., l'AB, la SK, le MB et les territoires. Pour un entrepôt à Vancouver, ça veut dire tout, de l'Ontario vers l'est.
- Regardez ce que vous avez payé en moyenne pour expédier ces commandes « lointaines » par rapport aux commandes « proches ». L'écart, c'est votre coût de zone.
- Multipliez cet écart par le nombre de commandes lointaines par mois. C'est votre plafond approximatif d'économies mensuelles si vous séparez le stock.
- Comparez-le à ce qu'un deuxième entrepôt ajouterait en entreposage, en réception et en inventaire supplémentaire.
Si les économies battent clairement le coût ajouté, vous êtes prêt. Si c'est serré, attendez un trimestre de plus et revérifiez.
Ce qui change aussi avec un réseau
Le coût n'est qu'une partie de l'histoire. Quelques autres choses bougent quand vous passez au multi-site.
| Facteur | Un seul entrepôt | Réseau de distribution |
|---|---|---|
| Délai de transit pour clients éloignés | Long | Court |
| Coût d'expédition par commande lointaine | Élevé | Plus bas |
| Coût d'entreposage | Plus bas | Plus élevé |
| Inventaire requis | Moins | Plus (coussin à chaque site) |
| Complexité opérationnelle | Simple | Demande un bon logiciel |
| Risque si un site tombe | Élevé | Plus bas |
Cette dernière ligne compte plus que les gens pensent. Une grève, une tempête de neige ou une panne de système dans un seul entrepôt arrête toute votre entreprise. Deux sites répartissent ce risque.
La partie logicielle dont personne ne parle
Un réseau ne fonctionne que si votre système sait quel entrepôt doit expédier chaque commande. Ce routage doit être automatique. Il doit aussi garder les comptes de stock justes dans tous vos canaux de vente, en temps réel.
Si votre partenaire d'entrepôt ne peut pas vous montrer le stock en direct à chaque site, ou ne peut pas router les commandes automatiquement selon l'adresse du client, le réseau va créer plus de problèmes qu'il n'en règle. Posez la question avant de signer quoi que ce soit.
À retenir en pratique
- Sortez trois mois de données de commandes et classez-les par province avant de décider quoi que ce soit.
- Regardez l'écart entre vos coûts d'expédition « proches » et « lointains ». Cet écart, c'est votre vrai potentiel d'économies.
- Les produits plus lourds et plus volumineux atteignent le point de bascule plus tôt que les petits produits légers.
- Ne séparez pas votre stock juste parce qu'un concurrent l'a fait. Séparez-le quand vos propres chiffres le disent.
- Peu importe le chemin choisi, assurez-vous que le logiciel peut gérer le routage et les comptes de stock en direct.
C'est le genre de montage qu'on bâtit pour les marques à travers notre réseau de 3PL chez Shipply — un seul entrepôt quand c'est ce qu'il faut, des sites à l'est et à l'ouest quand la carte des commandes le demande. La réponse doit venir de vos données, pas du pitch de vente de quelqu'un.